Gir 1 à 6 : démarches pas à pas pour obtenir une première évaluation

Obtenir une première évaluation du GIR suppose de comprendre ce que l’on mesure, à qui s’adresser et ce qui se passe concrètement après la demande. La grille AGGIR classe les personnes âgées en six groupes iso-ressources, du GIR 1 (dépendance la plus lourde) au GIR 6 (autonomie conservée). Seuls les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA, tandis que les GIR 5 et 6 relèvent d’autres dispositifs.

Cet article détaille la séquence complète, du premier contact jusqu’à la notification du résultat.

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Activités discriminantes et activités illustratives de la grille AGGIR

La plupart des guides se contentent de lister les six niveaux GIR sans expliquer comment l’évaluateur parvient à son classement. La grille AGGIR distingue deux catégories de variables, et cette distinction change la lecture du résultat.

Les variables dites discriminantes sont celles qui déterminent directement le GIR. Elles portent sur des actes corporels et spatiaux : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts et déplacements à l’intérieur du logement. Pour chaque variable, l’évaluateur cote la personne selon trois modalités (fait seul, fait partiellement, ne fait pas).

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Les variables dites illustratives (gestion du budget, utilisation des transports, activités ménagères, suivi du traitement médical, activités de temps libre, achats) ne modifient pas le calcul du GIR. Elles servent à construire le plan d’aide personnalisé et à dimensionner le volume d’heures d’accompagnement.

Type de variable Exemples Impact sur le GIR Impact sur le plan d’aide
Discriminante Toilette, habillage, orientation, déplacements intérieurs Oui, détermine le classement Indirect
Illustrative Ménage, courses, gestion du budget, loisirs Non Oui, dimensionne les heures

Comprendre cette distinction permet de préparer la visite d’évaluation : les capacités sur les activités discriminantes pèsent sur le niveau GIR attribué, alors que les difficultés sur les activités illustratives justifient le contenu du plan d’aide sans changer le groupe.

Un aidant professionnel accompagnant un senior lors d'une évaluation GIR à domicile dans un salon chaleureux

Évaluation GIR à domicile : déroulement de la visite médico-sociale

La demande de première évaluation passe par le conseil départemental du lieu de résidence. Le dossier peut être retiré au CCAS, au point d’information local dédié aux personnes âgées, ou téléchargé sur le site du département. Une fois le formulaire complété et les pièces justificatives transmises, le département accuse réception et programme une visite.

Qui réalise l’évaluation du GIR

Pour une demande d’APA à domicile, c’est l’équipe médico-sociale du département qui se déplace. Elle comprend au minimum un professionnel formé à la grille AGGIR (médecin ou travailleur social). En établissement (EHPAD), c’est le médecin coordonnateur de la structure qui détermine le GIR, sous contrôle du département.

Le médecin traitant ne peut pas fixer le GIR de manière officielle. Il peut remplir un certificat médical joint au dossier, mais seul un évaluateur habilité par le département attribue le GIR.

Ce qui se passe pendant la visite

L’évaluateur observe la personne dans son environnement quotidien. Il ne s’agit pas d’un test médical : l’objectif est de voir comment la personne réalise (ou non) les actes de la vie courante. La visite dure généralement entre trente minutes et une heure.

  • L’évaluateur demande à la personne de montrer comment elle se déplace, s’habille, se repère dans le temps et l’espace.
  • Il interroge l’entourage (aidant familial, auxiliaire de vie) pour recouper ses observations.
  • Il note chaque variable discriminante selon trois niveaux : fait spontanément, fait partiellement, ne fait pas du tout.
  • Il relève les variables illustratives pour préparer le plan d’aide.

Préparer cette visite est utile. Tenir un cahier décrivant les difficultés constatées au quotidien, lister les aides déjà en place et rassembler les ordonnances permet à l’évaluateur de disposer d’une image fidèle de la situation.

GIR 5 et GIR 6 : orientation vers les caisses de retraite

Si l’évaluation conclut à un GIR 5 ou 6, la personne ne relève pas de l’APA. Ce point est souvent source de confusion. Les personnes classées GIR 5 ou 6 sont réorientées vers d’autres aides, notamment celles proposées par les caisses de retraite (aide ménagère, actions de prévention, aide à l’adaptation du logement).

En revanche, la frontière entre GIR 4 et GIR 5 repose sur des écarts parfois subtils dans la cotation des variables discriminantes. Une personne qui a besoin d’aide pour la toilette du bas du corps mais reste autonome pour le reste peut basculer d’un côté ou de l’autre selon la cotation retenue.

En cas de désaccord avec le GIR attribué, il est possible de demander une révision. La procédure varie selon les départements, mais elle passe généralement par un courrier motivé adressé au président du conseil départemental, accompagné d’éléments médicaux nouveaux ou d’un certificat du médecin traitant décrivant l’évolution de la perte d’autonomie.

Gros plan sur les mains d'une personne âgée consultant un livret d'évaluation GIR posé sur une table de cuisine

Plan d’aide personnalisé après l’attribution du GIR

L’évaluation ne s’arrête pas au classement. Pour les GIR 1 à 4, le département propose un plan d’aide personnalisé qui détaille les heures d’intervention et les aides techniques financées par l’APA. Ce plan est construit à partir des variables illustratives relevées lors de la visite et des besoins exprimés par la personne et son entourage.

Le plan d’aide est révisable. Toute aggravation de l’état de santé justifie une nouvelle évaluation, qui peut entraîner un reclassement dans un GIR plus élevé (chiffre plus bas) et une augmentation du volume d’aide.

  • GIR 1 : aide permanente, surveillance continue jour et nuit.
  • GIR 2 : aide pour la plupart des activités de la vie courante, ou surveillance régulière en raison de troubles cognitifs.
  • GIR 3 : autonomie mentale conservée, mais aide corporelle quotidienne nécessaire.
  • GIR 4 : aide ponctuelle pour les transferts, la toilette ou les repas, avec capacité à se déplacer seul dans le logement.

Le montant de l’APA varie selon le GIR et le plan d’aide retenu. Plus le GIR est élevé en termes de dépendance, plus le plafond mensuel d’aide est important.

La première évaluation fixe un cadre, pas un verdict définitif. Le GIR peut être réévalué à tout moment sur demande motivée, et le plan d’aide ajusté en conséquence. Conserver les comptes rendus médicaux et les observations quotidiennes reste le meilleur levier pour obtenir un classement fidèle à la réalité de la perte d’autonomie.