On reçoit les identifiants Mon Proxima du mandataire, on se connecte, et la première réaction est souvent la même : où sont les relevés bancaires, et pourquoi on ne peut rien modifier ? Pour un tuteur familial qui jongle déjà avec le juge des tutelles, la banque et les factures du quotidien, la question mérite d’être posée avant de réorganiser tout son suivi autour de cet outil.
Mon Proxima n’est pas un logiciel de gestion de tutelle. C’est un espace de consultation, et cette distinction change beaucoup de choses.
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Compte de gestion et décret de 2025 : ce que Mon Proxima couvre réellement
Depuis le décret n° 2024-659, applicable au 1er janvier 2025, chaque mesure de protection (tutelle, curatelle renforcée, certaines sauvegardes) impose l’ouverture d’un compte bancaire individualisé. Pour les tuteurs familiaux, cette obligation alourdit le suivi comptable transmis au juge.
Mon Proxima, côté consultation, intègre désormais une structure de compte de gestion conforme au modèle officiel issu de l’arrêté du 4 juillet 2024. Concrètement, quand le mandataire professionnel saisit les données dans le logiciel métier Proxima, le compte de gestion affiché dans Mon Proxima respecte le format attendu par le juge. On évite ainsi les erreurs de présentation qui peuvent retarder la validation du compte annuel.
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Pour un proche qui gère la tutelle sans mandataire professionnel, la nuance est de taille. Mon Proxima ne produit pas le compte de gestion à votre place. Il le rend lisible si un professionnel l’a rempli en amont dans Proxima. Un tuteur familial seul, sans association tutélaire, n’a pas accès au logiciel métier et ne peut donc pas alimenter Mon Proxima.

Tuteur familial sans mandataire professionnel : Mon Proxima a-t-il un intérêt ?
On touche ici à la limite la plus concrète. Mon Proxima fonctionne comme un miroir de consultation du logiciel Proxima. Le mandataire saisit la comptabilité, les courriers, les pièces justificatives dans Proxima. Le majeur protégé et ses proches consultent ces données validées dans Mon Proxima, sans possibilité de modification.
Si la mesure de protection est gérée par une association tutélaire ou un MJPM individuel qui utilise Proxima, l’intérêt pour la famille est direct :
- Consultation des soldes, mouvements et pièces comptables sans appeler le mandataire à chaque question
- Accès aux documents administratifs classés (courriers, attestations, décisions du juge) via la GED intégrée au logiciel métier
- Suivi de l’avancement du compte de gestion annuel avant sa transmission au juge des tutelles
En revanche, si vous êtes vous-même tuteur familial désigné par le juge, sans mandataire professionnel intermédiaire, Mon Proxima ne vous apporte rien de fonctionnel. Aucune saisie comptable ni opération bancaire n’est possible depuis ce portail. On reste sur un tableau Excel ou un fichier papier pour préparer le compte de gestion, puis on le transmet au greffe.
Mon Proxima et protection des données du majeur protégé
Hébergement et accès
Les données transitant par Mon Proxima sont hébergées en France, ce qui répond aux exigences de protection des informations sensibles liées à une mesure de tutelle ou de curatelle. Le mandataire contrôle les droits d’accès : il décide qui, parmi les proches ou le majeur lui-même, peut consulter quelles informations.
Ce point est rarement abordé dans les guides pratiques, mais il a des conséquences directes. Si un membre de la famille demande l’accès et que le mandataire estime que cela ne relève pas de l’intérêt du majeur protégé, l’accès peut être refusé sans recours simple. La décision appartient au mandataire, pas à la famille.
Appareil partagé en EHPAD ou au domicile
Mon Proxima fonctionne via un navigateur web, sans application à télécharger. On peut créer un raccourci sur une tablette partagée ou un ordinateur en établissement. Pour un majeur protégé en situation de perte cognitive, l’aidant familial se connecte à sa place, ce qui soulève une question de consentement rarement formalisée dans la pratique.

Quitter les tableurs pour Mon Proxima : à quelles conditions la transition vaut le coup
Beaucoup de tuteurs familiaux gèrent la comptabilité sur un fichier Excel ou un cahier papier. La tentation de basculer vers Mon Proxima pour « moderniser » le suivi existe, mais elle repose sur un malentendu. Mon Proxima n’est pas un outil de saisie. La transition pertinente, c’est celle du mandataire professionnel qui adopte Proxima comme logiciel métier, ce qui rend ensuite Mon Proxima disponible pour les proches.
Pour qu’un tuteur familial y trouve un bénéfice réel, il faut que la mesure soit cogérée ou supervisée par un professionnel équipé de Proxima. Dans ce cas précis, la valeur ajoutée est tangible :
- Réduction des échanges téléphoniques et courriers pour obtenir un état des comptes
- Consultation autonome des pièces justificatives sans délai
- Vérification du compte de gestion avant validation, ce qui limite les allers-retours avec le juge
- Structure comptable conforme au modèle officiel 2024, sans reformatage manuel
Les retours varient sur ce point : certaines familles trouvent l’interface claire, d’autres regrettent l’absence totale d’interaction (pas de messagerie intégrée, pas de demande de virement, pas de signalement d’anomalie depuis le portail).
Adopter Mon Proxima en gestion de tutelle : le verdict terrain
Mon Proxima ne remplace aucun outil de gestion. Il complète un dispositif professionnel existant. Son utilité dépend entièrement du mandataire qui alimente Proxima en amont. Pour un tuteur familial autonome, sans professionnel dans la boucle, l’outil reste inaccessible.
Avant de demander les identifiants, on gagne du temps en posant une seule question au mandataire ou à l’association tutélaire : utilisez-vous le logiciel Proxima ? Si la réponse est non, Mon Proxima n’a pas de contenu à afficher. Si la réponse est oui, l’accès consultation simplifie le suivi sans remplacer la rigueur comptable exigée par le juge des tutelles.

